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Bac Terminale Spé Maths : Polynésie française 2022, Sujet 2

Session 2022 : Polynésie française, Sujet 2 · Spécialité mathématiques, 4 exercices, 4 heures.

Exercice 1 7 points

1.QCM. On considère la fonction f définie et dérivable sur ]0~;~+\infty[ par {f(x)=x\ln(x)-x+1}. Parmi quatre expressions proposées, indiquer celle de la fonction dérivée f'.

La fonction f est dérivable sur ]0~;~+\infty[ comme somme et produit de fonctions dérivables sur cet intervalle. Pour tout x>0 : f'(x)=1\times\ln(x)+x\times\dfrac{1}{x}-1+0=\ln(x)+1-1=\ln(x).
Donc, la réponse est f'(x)=\ln(x).

2.On considère la fonction g définie sur ]0~;~+\infty[ par g(x)=x^2\left[1-\ln(x)\right]. Parmi quatre affirmations sur la limite de g en 0, indiquer la correcte.

En développant, g(x)=x^2-x^2\ln(x). D'une part, \displaystyle\lim_{x\to0^+}x^2=0.
D'autre part, par croissances comparées, \displaystyle\lim_{x\to0^+}x^2\ln(x)=0.
Par somme de limites, \begin{aligned}\displaystyle\lim_{x\to0^+}g(x) &= 0-0 \\ &= 0\end{aligned} Donc, la réponse est \displaystyle\lim_{x\to0^+}g(x)=0.

3.On considère la fonction f définie sur \mathbb{R} par f(x)=x^3-0{,}9x^2-0{,}1x. Indiquer le nombre de solutions de l'équation f(x)=0 sur \mathbb{R}.

Pour tout réel x, on factorise : {f(x)=x\left(x^2-0{,}9x-0{,}1\right)}. Donc \begin{aligned}f(x) = 0 &\iff x = 0 \end{aligned} ou {x^2-0{,}9x-0{,}1=0}.
Pour l'équation du second degré {x^2-0{,}9x-0{,}1=0}, on remarque que x=1 est une racine évidente, car \begin{aligned}1^2-0{,}9\times1-0{,}1 &= 1-0{,}9-0{,}1 \\ &= 0\end{aligned}
Le produit des deux racines d'un trinôme x^2+bx+c vaut c : ici le produit des racines vaut -0{,}1, donc la seconde racine est \dfrac{-0{,}1}{1}=-0{,}1.
L'équation f(x)=0 admet donc exactement trois solutions réelles : -0{,}1, 0 et 1. Donc, la réponse est 3 solutions.

4.Si H est une primitive d'une fonction h définie et continue sur \mathbb{R}, et si k est la fonction définie sur \mathbb{R} par k(x)=h(2x), indiquer, parmi quatre expressions, celle d'une primitive K de k.

On teste la fonction K définie sur \mathbb{R} par K(x)=\dfrac{1}{2}H(2x). Comme H est dérivable sur \mathbb{R} (c'est une primitive de h), K est dérivable sur \mathbb{R} comme produit d'une constante par une composée de fonctions dérivables.
Pour tout réel x : K'(x)=\dfrac{1}{2}\times2\times H'(2x)=H'(2x)=h(2x), car H'=h (H étant une primitive de h).
Donc K'(x)=h(2x)=k(x) pour tout réel x : K est bien une primitive de k sur \mathbb{R}. Donc, la réponse est K(x)=\dfrac{1}{2}H(2x).

5.On considère la fonction f définie sur \mathbb{R} par f(x)=xe^x. Indiquer, parmi quatre équations proposées, celle de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse 1.

La fonction f est dérivable sur \mathbb{R} comme produit de fonctions dérivables. Pour tout réel x : f'(x)=1\times e^x+x\times e^x=(1+x)e^x.
On calcule \begin{aligned}f(1) &= 1\times e^1 \\ &= e\end{aligned} et f'(1)=(1+1)e^1=2e.
L'équation réduite de la tangente au point d'abscisse 1 est y=f'(1)(x-1)+f(1)=2e(x-1)+e=2ex-2e+e=2ex-e.
Donc, la réponse est y=2ex-e.

6.Indiquer, parmi quatre propositions, celle qui caractérise les entiers naturels n solutions de l'inéquation (0{,}2)^n<0{,}001.

La fonction \ln est strictement croissante sur ]0~;~+\infty[, donc, pour tout entier naturel n : (0{,}2)^n<0{,}001 \iff \ln\left((0{,}2)^n\right)<\ln(0{,}001) \iff n\ln(0{,}2)<\ln(0{,}001).
Comme 0{,}2<1, on a \ln(0{,}2)<0, donc diviser par \ln(0{,}2) inverse le sens de l'inégalité : n\ln(0{,}2)<\ln(0{,}001) \iff n>\dfrac{\ln(0{,}001)}{\ln(0{,}2)}.
À la calculatrice, \dfrac{\ln(0{,}001)}{\ln(0{,}2)}\approx4{,}29. Les entiers naturels strictement supérieurs à 4{,}29 sont donc les entiers supérieurs ou égaux à 5.
Donc, la réponse est : les entiers naturels n tels que n\geqslant5.

Exercice 2 7 points

Partie1 : Les douanes s'intéressent aux importations de casques audio portant le logo d'une certaine marque. On estime que 20\,\% des casques portant ce logo sont des contrefaçons, que 2\,\% des casques authentiques présentent un défaut de conception, et que 10\,\% des casques contrefaits présentent un défaut de conception. Un agent commande au hasard un casque affichant ce logo. On note C l'évènement « le casque est contrefait » et D l'évènement « le casque présente un défaut de conception » (les probabilités sont arrondies à 10^{-3} si besoin). 1. Calculer P(C\cap D).

Puisque le casque est commandé au hasard, on assimile les proportions données aux probabilités des évènements correspondants : {P(C)=0{,}2}, P_C(D)=0{,}1 et P_{\overline{C}}(D)=0{,}02.
On en déduit l'arbre pondéré à deux niveaux : depuis la racine, une branche vers C (probabilité 0{,}2) puis vers D (probabilité 0{,}1) ou \overline{D} (probabilité 0{,}9) ; une branche vers \overline{C} (probabilité 0{,}8) puis vers D (probabilité 0{,}02) ou \overline{D} (probabilité 0{,}98).
Par la formule des probabilités composées : \begin{aligned}P(C\cap D) &= P(C)\times P_C(D) \\ &= 0{,}2\times0{,}1 \\ &= 0{,}02\end{aligned}
Donc, la réponse est P(C\cap D)=0{,}02.

2.Démontrer que P(D)=0{,}036.

Les évènements C et \overline{C} forment une partition de l'univers (tout casque est soit contrefait, soit authentique), donc, d'après la formule des probabilités totales : P(D)=P(C\cap D)+P\left(\overline{C}\cap D\right).
On a déjà P(C\cap D)=0{,}02, et \begin{aligned}P\left(\overline{C}\cap D\right) &= P(\overline{C})\times P_{\overline{C}}(D) \\ &= 0{,}8\times0{,}02 \\ &= 0{,}016\end{aligned}
D'où \begin{aligned}P(D) &= 0{,}02+0{,}016 \\ &= 0{,}036\end{aligned} Donc, la réponse est P(D)=0{,}036.

3.Le casque commandé présente un défaut. Quelle est la probabilité qu'il soit contrefait ?

On demande de calculer la probabilité conditionnelle P_D(C), définie par P_D(C)=\dfrac{P(C\cap D)}{P(D)} (avec P(D)\neq0).
\begin{aligned}P_D(C) &= \dfrac{0{,}02}{0{,}036} \\ &= \dfrac{20}{36} \\ &= \dfrac{5}{9} \\ &\approx 0{,}556\end{aligned} à 10^{-3} près.
Donc, la réponse est P_D(C)\approx0{,}556.

Partie2 : On commande n casques portant ce logo, expérience assimilée à un tirage aléatoire avec remise. X désigne le nombre de casques présentant un défaut de conception dans le lot. 1.a Dans cette question, n=35. Justifier que X suit une loi binomiale \mathcal{B}(n~;~p) avec n=35 et p=0{,}036.

On répète n=35 fois, de façon identique et indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), une expérience de Bernoulli : commander un casque, avec pour succès l'évènement « le casque présente un défaut », de probabilité \begin{aligned}p &= P(D) \\ &= 0{,}036\end{aligned} d'après la question 2 de la partie 1.
La variable aléatoire X compte le nombre de succès obtenus sur ces 35 répétitions indépendantes.
Donc, la réponse est que X suit la loi binomiale \mathcal{B}(35~;~0{,}036).

1.bCalculer la probabilité qu'exactement un casque parmi les 35 commandés présente un défaut de conception.

On veut calculer P(X=1), avec X suivant la loi \mathcal{B}(35~;~0{,}036) : \begin{aligned}P(X=1) &= \dbinom{35}{1}\times0{,}036^1\times(1-0{,}036)^{34} \\ &= 35\times0{,}036\times0{,}964^{34}\end{aligned}
À la calculatrice, P(X=1)\approx0{,}362 à 10^{-3} près.
Donc, la réponse est P(X=1)\approx0{,}362.

1.cCalculer P(X\leqslant1).

P(X\leqslant1)=P(X=0)+P(X=1). On calcule \begin{aligned}P(X=0) &= \dbinom{35}{0}\times0{,}036^0\times0{,}964^{35} \\ &\approx 0{,}278\end{aligned} et on a déjà P(X=1)\approx0{,}362.
D'où \begin{aligned}P(X\leqslant1) &\approx 0{,}278+0{,}362 \\ &= 0{,}640\end{aligned} le calcul direct à la calculatrice donne P(X\leqslant1)\approx0{,}639 à 10^{-3} près (l'écart avec 0{,}640 vient des arrondis intermédiaires).
Donc, la réponse est P(X\leqslant1)\approx0{,}639.

2.Dans cette question, n n'est pas fixé. Quel doit être le nombre minimal de casques à commander pour que la probabilité qu'au moins un casque présente un défaut soit supérieure à 0{,}99 ?

Pour un entier naturel non nul n, on note X_n la variable aléatoire qui suit la loi binomiale \mathcal{B}(n~;~0{,}036) et qui compte le nombre de casques défectueux parmi n casques commandés.
La probabilité qu'au moins un casque présente un défaut est \begin{aligned}P(X_n\geqslant1) &= 1-P(X_n=0) \\ &= 1-\dbinom{n}{0}\times0{,}036^0\times0{,}964^n \\ &= 1-0{,}964^n\end{aligned}
On résout, pour n entier naturel non nul : \begin{aligned}P(X_n\geqslant1) \geqslant 0{,}99 &\iff 1-0{,}964^n \geqslant 0{,}99 \\ &\iff 0{,}964^n \leqslant 0{,}01 \end{aligned}
La fonction \ln est strictement croissante sur ]0~;~+\infty[, donc \begin{aligned}0{,}964^n \leqslant 0{,}01 &\iff n\ln(0{,}964) \leqslant \ln(0{,}01) \end{aligned} Comme 0{,}964<1, on a \ln(0{,}964)<0, donc, en divisant par \ln(0{,}964), le sens de l'inégalité s'inverse : n\geqslant\dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}964)}.
À la calculatrice, \dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}964)}\approx125{,}6, donc les entiers naturels solutions sont ceux vérifiant n\geqslant126.
Donc, la réponse est qu'il faut commander au moins 126 casques.

Exercice 3 7 points

1.Au début de l'année 2021, une colonie d'oiseaux comptait 40 individus. L'évolution de la population est modélisée par la suite (u_n) définie par u_0=40 et, pour tout entier naturel n, u_{n+1}=0{,}008u_n(200-u_n), où u_n désigne le nombre d'individus au début de l'année (2021+n). Donner une estimation du nombre d'oiseaux au début de l'année 2022.

L'année 2022 correspond à 2021+1, donc le nombre d'oiseaux recherché est estimé par u_1.
\begin{aligned}u_1 &= 0{,}008\,u_0(200-u_0) \\ &= 0{,}008\times40\times(200-40) \\ &= 0{,}008\times40\times160 \\ &= 51{,}2\end{aligned}
Donc, la réponse est qu'on estime la population à environ 51 oiseaux au début de l'année 2022.

2.On considère la fonction f définie sur l'intervalle [0~;~100] par {f(x)=0{,}008x(200-x)}. Résoudre dans [0~;~100] l'équation f(x)=x.

Pour x\in[0~;~100] : \begin{aligned}f(x) = x &\iff 0{,}008x(200-x) = x \\ &\iff 1{,}6x-0{,}008x^2 = x \\ &\iff 0{,}008x^2-0{,}6x = 0 \end{aligned}
En factorisant : \begin{aligned}0{,}008x^2-0{,}6x = 0 &\iff x(0{,}008x-0{,}6) = 0 \\ &\iff x = 0 \end{aligned} ou 0{,}008x-0{,}6=0.
L'équation 0{,}008x-0{,}6=0 donne \begin{aligned}x &= \dfrac{0{,}6}{0{,}008} \\ &= 75\end{aligned} valeur bien comprise dans [0~;~100].
Donc, la réponse est que l'équation f(x)=x admet exactement deux solutions dans [0~;~100] : 0 et 75.

3.aDémontrer que la fonction f est croissante sur [0~;~100] et dresser son tableau de variations.

Pour tout x de [0~;~100], en développant : \begin{aligned}f(x) &= 0{,}008x(200-x) \\ &= 1{,}6x-0{,}008x^2 \\ &= -0{,}008x^2+1{,}6x\end{aligned}
f est donc une fonction polynôme du second degré, de coefficient dominant -0{,}008<0 : sa courbe représentative est une parabole tournée vers le bas, dont le sommet a pour abscisse \begin{aligned}x_S &= -\dfrac{1{,}6}{2\times(-0{,}008)} \\ &= \dfrac{1{,}6}{0{,}016} \\ &= 100\end{aligned}
Une telle fonction est strictement croissante sur ]-\infty~;~x_S] et strictement décroissante sur [x_S~;~+\infty[. Comme x_S=100 est la borne droite de [0~;~100], f est donc strictement croissante sur tout l'intervalle [0~;~100].
On calcule les valeurs aux bornes : \begin{aligned}f(0) &= 0{,}008\times0\times200 \\ &= 0\end{aligned} et \begin{aligned}f(100) &= 0{,}008\times100\times100 \\ &= 80\end{aligned} Le tableau de variations de f sur [0~;~100] montre donc une croissance stricte de 0 (en x=0) à 80 (en x=100).

3.bEn remarquant que, pour tout entier naturel n, u_{n+1}=f(u_n), démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, {0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant100}.

Pour tout entier naturel n, notons P_n la propriété : « {0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant100} ».
Initialisation. On a u_0=40 et u_1=51{,}2 (question 1), donc {0\leqslant40\leqslant51{,}2\leqslant100} : la propriété P_0 est vraie.
Hérédité. Soit n un entier naturel tel que P_n est vraie, c'est-à-dire {0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant100}. Les trois nombres 0, u_n, u_{n+1} et 100 appartiennent à [0~;~100], et f est croissante sur cet intervalle (question 3.a), donc l'inégalité est conservée par f : {f(0)\leqslant f(u_n)\leqslant f(u_{n+1})\leqslant f(100)}.
Or f(0)=0, f(u_n)=u_{n+1}, {f(u_{n+1})=u_{n+2}} (par définition de la suite) et f(100)=80, donc {0\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant80}. Comme 80\leqslant100, on en déduit {0\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant100} : la propriété P_{n+1} est vraie.
Conclusion. La propriété P_0 est vraie, et elle est héréditaire, donc, d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel n : {0\leqslant u_n\leqslant u_{n+1}\leqslant100}.

3.cEn déduire que la suite (u_n) est convergente.

D'après la question précédente, pour tout entier naturel n, u_n\leqslant u_{n+1} : la suite (u_n) est donc croissante.
De plus, pour tout entier naturel n, {u_n\leqslant100} : la suite (u_n) est donc majorée par 100.
Une suite croissante et majorée converge, donc, la réponse est que la suite (u_n) converge vers une limite \ell.

3.dDéterminer la limite \ell de la suite (u_n) et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

La suite (u_n) converge vers \ell et est définie par la relation de récurrence u_{n+1}=f(u_n), où f est continue sur [0~;~100] (car f est une fonction polynôme) et où l'intervalle [0~;~100] contient tous les termes de la suite ainsi que sa limite \ell (d'après la question 3.b).
D'après le théorème du point fixe, \ell est donc solution de l'équation f(x)=x dans [0~;~100], dont on a montré (question 2) qu'elle admet exactement deux solutions : 0 et 75.
Par ailleurs, la suite (u_n) est croissante à partir de u_0=40 (question 3.b), donc \ell\geqslant40. Cela exclut la solution 0, donc \ell=75.
Donc, la réponse est que la suite converge vers \ell=75. Dans le contexte de l'exercice, cela signifie que, selon ce modèle, la population d'oiseaux de la colonie se stabilise à long terme autour de 75 individus.

4.On considère l'algorithme Python suivant, où p est un réel donné.

  • def seuil(p) :# fonction qui cherche l'annee ou le seuil p est depasse
  • n = 0# compteur d'annees ecoulees depuis 2021
  • u = 40# valeur initiale u0
  • while u < p :# tant que le seuil n'est pas atteint
  • n = n + 1# on avance d'une annee
  • u = 0.008 * u * (200 - u)# on applique la relation de recurrence
  • return (n + 2021)# on renvoie l'annee correspondante

4.(suite) L'exécution de seuil(100) ne renvoie aucune valeur. Expliquer pourquoi, à l'aide de la question 3.

La fonction seuil(p) calcule successivement les termes de la suite (u_n) en partant de u_0=40, et s'arrête dès qu'un terme atteint ou dépasse la valeur p, en renvoyant alors l'année correspondante.
Or, d'après la question 3, la suite (u_n) est croissante et converge vers \ell=75 : tous ses termes restent donc strictement inférieurs à 75, et a fortiori strictement inférieurs à 100.
Ainsi, pour p = 100, la condition u < p (c'est-à-dire u_n<100) reste vraie pour toutes les valeurs successives de n : la boucle while ne s'arrête donc jamais, et la fonction tourne indéfiniment sans jamais renvoyer de résultat.

Exercice 4 7 points

Partie1 (première méthode) : On considère le cube ABCDEFGH d'arête de longueur 1, muni du repère orthonormé \left(\text{A}~;~\overrightarrow{\text{AB}},\overrightarrow{\text{AD}},\overrightarrow{\text{AE}}\right). Le point I est le milieu du segment [EF], K le centre du carré ADHE et O le milieu du segment [AG]. On donne I\left(\dfrac{1}{2}~;~0~;~1\right) et K\left(0~;~\dfrac{1}{2}~;~\dfrac{1}{2}\right). Le but de l'exercice est de calculer, de deux manières différentes, la distance du point B au plan (AIG). 1. Donner, sans justification, les coordonnées des points A, B et G.

Le repère étant \left(\text{A}~;~\overrightarrow{\text{AB}},\overrightarrow{\text{AD}},\overrightarrow{\text{AE}}\right) et le cube ayant pour arête 1, on lit directement : A(0~;~0~;~0) (origine du repère), B(1~;~0~;~0) et G(1~;~1~;~1).

2.Démontrer que la droite (BK) est orthogonale au plan (AIG).

Les points A, I, G ne sont pas alignés (I n'est ni sur (AG), ni confondu avec A ou G), donc les vecteurs \overrightarrow{\text{AI}} et \overrightarrow{\text{AG}} forment une base du plan (AIG).
On calcule les coordonnées : \overrightarrow{\text{AI}}\begin{pmatrix}0{,}5 \\ 0 \\ 1\end{pmatrix}, \overrightarrow{\text{AG}}\begin{pmatrix}1 \\ 1 \\ 1\end{pmatrix}, et \overrightarrow{\text{BK}}\begin{pmatrix}0-1 \\ 0{,}5-0 \\ 0{,}5-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1 \\ 0{,}5 \\ 0{,}5\end{pmatrix}.
Le repère étant orthonormé, on calcule les produits scalaires à l'aide des coordonnées : \begin{aligned}\overrightarrow{\text{BK}}\cdot\overrightarrow{\text{AI}} &= (-1)\times0{,}5+0{,}5\times0+0{,}5\times1 \\ &= -0{,}5+0+0{,}5 \\ &= 0\end{aligned}
De même, \begin{aligned}\overrightarrow{\text{BK}}\cdot\overrightarrow{\text{AG}} &= (-1)\times1+0{,}5\times1+0{,}5\times1 \\ &= -1+0{,}5+0{,}5 \\ &= 0\end{aligned}
Le vecteur \overrightarrow{\text{BK}} est donc orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (AIG) : il est donc orthogonal à ce plan tout entier, donc la droite (BK) est orthogonale au plan (AIG).

3.Vérifier qu'une équation cartésienne du plan (AIG) est {2x-y-z=0}.

D'après la question précédente, la droite (BK) est orthogonale au plan (AIG), donc tout vecteur directeur de (BK) est un vecteur normal à (AIG). Le vecteur \vec{n}=-2\,\overrightarrow{\text{BK}}, de coordonnées \begin{pmatrix}2 \\ -1 \\ -1\end{pmatrix}, est donc normal à (AIG).
Le plan (AIG) admet donc une équation cartésienne de la forme {2x-y-z+d=0}, où d est un réel à déterminer.
Comme A(0~;~0~;~0) appartient au plan (AIG), ses coordonnées vérifient l'équation : \begin{aligned}2\times0-0-0+d = 0 &\iff d = 0 \end{aligned}
Donc, la réponse est qu'une équation cartésienne du plan (AIG) est bien {2x-y-z=0}.

4.Donner une représentation paramétrique de la droite (BK).

La droite (BK) passe par B(1~;~0~;~0) et est dirigée par \overrightarrow{\text{BK}}\begin{pmatrix}-1 \\ 0{,}5 \\ 0{,}5\end{pmatrix}.
Donc, la réponse est que (BK) admet pour représentation paramétrique \begin{cases}x=1-t\\y=0{,}5t\\z=0{,}5t\end{cases}, avec t\in\mathbb{R}.

5.En déduire que le projeté orthogonal L du point B sur le plan (AIG) a pour coordonnées L\left(\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}\right).

On cherche la valeur du paramètre t pour laquelle le point de (BK) a pour coordonnées \left(\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}\right) : d'après la représentation paramétrique, 1-t=\dfrac{1}{3} donne t=\dfrac{2}{3}, et on vérifie que {0{,}5\times\dfrac{2}{3}=\dfrac{1}{3}} pour les deux autres coordonnées. Le point L de coordonnées \left(\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}\right) appartient donc bien à la droite (BK).
On vérifie aussi que L appartient au plan (AIG), d'équation {2x-y-z=0} (question 3) : \begin{aligned}2\times\dfrac{1}{3}-\dfrac{1}{3}-\dfrac{1}{3} &= \dfrac{2}{3}-\dfrac{2}{3} \\ &= 0\end{aligned} Les coordonnées de L vérifient donc l'équation du plan.
Le point L appartient donc à la fois à la droite (BK) et au plan (AIG) : c'est le point d'intersection de cette droite et de ce plan. Comme (BK) est orthogonale à (AIG) (question 2), L est donc bien le projeté orthogonal de B sur le plan (AIG).

6.Déterminer la distance du point B au plan (AIG).

La distance de B au plan (AIG) est la distance BL, puisque L est le projeté orthogonal de B sur ce plan. Le repère étant orthonormé, on calcule cette distance à partir des coordonnées de B(1~;~0~;~0) et L\left(\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}~;~\dfrac{1}{3}\right) :
\text{BL}=\sqrt{\left(\dfrac{1}{3}-1\right)^2+\left(\dfrac{1}{3}-0\right)^2+\left(\dfrac{1}{3}-0\right)^2}=\sqrt{\left(-\dfrac{2}{3}\right)^2+\left(\dfrac{1}{3}\right)^2+\left(\dfrac{1}{3}\right)^2}=\sqrt{\dfrac{4}{9}+\dfrac{1}{9}+\dfrac{1}{9}}=\sqrt{\dfrac{6}{9}}=\dfrac{\sqrt{6}}{3}.
Donc, la réponse est que la distance du point B au plan (AIG) vaut \dfrac{\sqrt{6}}{3}.

Partie2 (deuxième méthode) : On rappelle que le volume V d'une pyramide vaut {V=\dfrac{1}{3}\times b\times h}, où b est l'aire d'une base et h la hauteur associée. 1.a Justifier que, dans le tétraèdre ABIG, [GF] est la hauteur relative à la base AIB.

Le triangle AIB est inclus dans le plan (ABF), qui est le plan contenant la face avant du cube ABFE (car A, I, B appartiennent tous trois à cette face, I étant le milieu de [EF]).
Comme ABCDEFGH est un cube, l'arête [GF] est perpendiculaire à la face ABFE, donc perpendiculaire au plan (AIB). Le segment [GF] joint le sommet G du tétraèdre au plan de la base AIB en formant un angle droit avec ce plan : c'est donc bien la hauteur du tétraèdre ABIG relative à la base AIB.

1.bEn déduire le volume du tétraèdre ABIG.

Le triangle AIB a pour base [AB], de longueur 1 (arête du cube), et pour hauteur associée la distance de I à la droite (AB), qui vaut ici 1 (même longueur que l'arête [AE], puisque I est le milieu de [EF] à la même hauteur que E et F). Son aire est donc \begin{aligned}b_{\text{AIB}} &= \dfrac{1\times1}{2} \\ &= \dfrac{1}{2}\end{aligned}
La hauteur du tétraèdre relative à cette base est h_{\text{GF}}=\text{GF}=1 (arête du cube).
Donc, la réponse est \begin{aligned}V_{\text{ABIG}} &= \dfrac{1}{3}\times b_{\text{AIB}}\times h_{\text{GF}} \\ &= \dfrac{1}{3}\times\dfrac{1}{2}\times1 \\ &= \dfrac{1}{6}\end{aligned}

2.On admet que AI = IG =\dfrac{\sqrt{5}}{2} et que AG {=\sqrt{3}}. Démontrer que l'aire du triangle isocèle AIG est égale à \dfrac{\sqrt{6}}{4} unité d'aire.

Le triangle AIG est isocèle en I (car AI = IG), donc la hauteur issue de I est aussi la médiane issue de I : elle passe par le milieu O du côté [AG], qui est précisément le point défini dans l'énoncé comme le milieu de [AG].
On calcule la longueur IO à l'aide des coordonnées : I\left(\dfrac{1}{2}~;~0~;~1\right) et O, milieu de [AG] avec A(0~;~0~;~0) et G(1~;~1~;~1), a pour coordonnées O\left(\dfrac{1}{2}~;~\dfrac{1}{2}~;~\dfrac{1}{2}\right).
\text{IO}=\sqrt{\left(\dfrac{1}{2}-\dfrac{1}{2}\right)^2+\left(\dfrac{1}{2}-0\right)^2+\left(\dfrac{1}{2}-1\right)^2}=\sqrt{0+\dfrac{1}{4}+\dfrac{1}{4}}=\sqrt{\dfrac{1}{2}}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}.
L'aire du triangle AIG, dont [AG] est la base et [IO] la hauteur associée, vaut donc \begin{aligned}A_{\text{AIG}} &= \dfrac{\text{AG}\times\text{IO}}{2} \\ &= \dfrac{\sqrt{3}\times\dfrac{\sqrt{2}}{2}}{2} \\ &= \dfrac{\sqrt{6}}{4}\end{aligned}
Donc, la réponse est que l'aire du triangle AIG est bien \dfrac{\sqrt{6}}{4} unité d'aire.

3.En déduire la distance du point B au plan (AIG).

On peut aussi calculer le volume du tétraèdre ABIG en considérant le triangle AIG comme base : la hauteur associée est alors la distance h du point B au plan (AIG), c'est-à-dire la distance cherchée.
D'après les questions précédentes, V_{\text{ABIG}}=\dfrac{1}{6} et A_{\text{AIG}}=\dfrac{\sqrt{6}}{4}, donc : \begin{aligned}\dfrac{1}{6} &= \dfrac{1}{3}\times A_{\text{AIG}}\times h \\ &= \dfrac{1}{3}\times\dfrac{\sqrt{6}}{4}\times h\end{aligned}
On en déduit \begin{aligned}h &= \dfrac{1}{6}\times\dfrac{3\times4}{\sqrt{6}} \\ &= \dfrac{12}{6\sqrt{6}} \\ &= \dfrac{2}{\sqrt{6}} \\ &= \dfrac{2\sqrt{6}}{6} \\ &= \dfrac{\sqrt{6}}{3}\end{aligned}
Donc, la réponse est que l'on retrouve bien la distance du point B au plan (AIG) égale à \dfrac{\sqrt{6}}{3}, ce qui confirme le résultat obtenu par la première méthode.

Corrigé rédigé par Logimaths à partir du sujet officiel du Ministère de l'Éducation nationale (éduscol.education.gouv.fr).