Bac Terminale Spé Maths : Asie 2023, Sujet 2
Session 2023 : Asie, Sujet 2 · Spécialité mathématiques, 4 exercices, 4 heures.
Exercice 1 5 points
PartieA ; 1. Deux cubes ABCDEFGH et BKLCFJMG sont accolés ; dans le repère orthonormé (A~;~\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AD},\overrightarrow{AE}), on a par exemple F(1 ; 0 ; 1), G(1 ; 1 ; 1) et J(2 ; 0 ; 1) ; le point I est le milieu de [EF]. Montrer que le volume du tétraèdre FIGB vaut \dfrac{1}{12} (unité de volume), sachant que V=\dfrac13\times\text{aire de la base}\times\text{hauteur}.
Les arêtes des cubes valent toutes 1, donc BF = FG = 1 ; comme I est le milieu de [EF], la longueur FI vaut \dfrac12\times EF = \dfrac12.
En choisissant le triangle rectangle isocèle BFG comme base (aire {=\dfrac12\times BF\times FG=\dfrac12}) et [FI] comme hauteur associée (FI est perpendiculaire au plan (BFG), donc à la base) : \begin{aligned}V_{FIGB} &= \dfrac13\times\dfrac12\times\dfrac12 \\ &= \dfrac{1}{12}\end{aligned}
Donc, la réponse est V_{FIGB} = \dfrac{1}{12} unité de volume.
PartieA ; 2. Déterminer les coordonnées du point I.
On décompose \begin{aligned}\overrightarrow{AI} &= \overrightarrow{AE}+\overrightarrow{EI} \\ &= \overrightarrow{AE}+\dfrac12\overrightarrow{EF} \\ &= \overrightarrow{AE}+\dfrac12\overrightarrow{AB}\end{aligned} (car \overrightarrow{EF}=\overrightarrow{AB}). Donc, la réponse est I\left(\dfrac12~;~0~;~1\right).
PartieA ; 3. Montrer que le vecteur \overrightarrow{DJ} est normal au plan (BIG).
Avec J(2 ; 0 ; 1) et D(0 ; 1 ; 0), on obtient \overrightarrow{DJ}\begin{pmatrix}2 \\ -1 \\ 1\end{pmatrix}.
D'autre part \overrightarrow{BI}\begin{pmatrix}-\frac12 \\ 0 \\ 1\end{pmatrix} (car B(1 ; 0 ; 0) et I\left(\frac12~;~0~;~1\right)) et \overrightarrow{BG}\begin{pmatrix}0 \\ 1 \\ 1\end{pmatrix} (car G(1 ; 1 ; 1)).
On calcule les produits scalaires : \begin{aligned}\overrightarrow{DJ}\cdot\overrightarrow{BI} &= 2\times\left(-\dfrac12\right)+(-1)\times0+1\times1 \\ &= -1+0+1 \\ &= 0\end{aligned} et \begin{aligned}\overrightarrow{DJ}\cdot\overrightarrow{BG} &= 2\times0+(-1)\times1+1\times1 \\ &= -1+1 \\ &= 0\end{aligned}
\overrightarrow{BI} et \overrightarrow{BG} ne sont pas colinéaires (leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles) et dirigent le plan (BIG) : \overrightarrow{DJ} leur est orthogonal, donc \overrightarrow{DJ} est un vecteur normal au plan (BIG).
PartieA ; 4. Montrer qu'une équation cartésienne du plan (BIG) est {2x-y+z-2=0}.
Puisque \overrightarrow{DJ}\begin{pmatrix}2 \\ -1 \\ 1\end{pmatrix} est normal au plan (BIG), ce plan admet une équation de la forme 2x-y+z+d=0, avec d\in\mathbb{R}.
Le point B(1 ; 0 ; 0) appartient au plan, donc 2\times1-0+0+d=0, soit d=-2.
Donc, la réponse est {2x-y+z-2=0}.
PartieA ; 5. Déterminer une représentation paramétrique de la droite d, orthogonale à (BIG) et passant par F.
La droite d, orthogonale au plan (BIG), admet pour vecteur directeur le vecteur normal \overrightarrow{DJ}\begin{pmatrix}2 \\ -1 \\ 1\end{pmatrix}, et passe par F(1 ; 0 ; 1).
Un point M(x~;~y~;~z) appartient à d si et seulement s'il existe t\in\mathbb{R} tel que {\overrightarrow{FM}=t\,\overrightarrow{DJ}}.
Donc, la réponse est \begin{cases}x=1+2t\\y=-t\\z=1+t\end{cases}, t\in\mathbb{R}.
PartieA ; 6.a La droite d coupe le plan (BIG) au point L'. Montrer que L' a pour coordonnées \left(\dfrac23~;~\dfrac16~;~\dfrac56\right).
On remplace x, y, z par leurs expressions paramétriques dans l'équation du plan (BIG) : {2(1+2t)-(-t)+(1+t)-2=0}.
En développant : {2+4t+t+1+t-2=0}, soit 6t+1=0, donc t=-\dfrac16.
En reportant dans les équations paramétriques : \begin{aligned}x &= 1+2\times\left(-\dfrac16\right) \\ &= 1-\dfrac13 \\ &= \dfrac23\end{aligned} \begin{aligned}y &= -\left(-\dfrac16\right) \\ &= \dfrac16\end{aligned} \begin{aligned}z &= 1+\left(-\dfrac16\right) \\ &= \dfrac56\end{aligned}
Donc, la réponse est L'\left(\dfrac23~;~\dfrac16~;~\dfrac56\right).
PartieA ; 6.b Calculer la longueur FL'.
On calcule \overrightarrow{FL'}\begin{pmatrix}-\frac13 \\ \frac16 \\ -\frac16\end{pmatrix} (différence des coordonnées de L' et de F).
FL'^2 = \left(-\dfrac13\right)^2+\left(\dfrac16\right)^2+\left(-\dfrac16\right)^2 = \dfrac19+\dfrac{1}{36}+\dfrac{1}{36} = \dfrac{4}{36}+\dfrac{1}{36}+\dfrac{1}{36} = \dfrac{6}{36}=\dfrac16.
Donc, la réponse est FL' = \sqrt{\dfrac16} = \dfrac{\sqrt6}{6}.
PartieA ; 6.c En déduire l'aire du triangle BIG.
Le segment [FL'] est la hauteur du tétraèdre FIGB relative à la base (BIG), puisque d est orthogonale à ce plan.
Avec la formule du volume : V_{FIGB} = \dfrac13\times\text{aire(BIG)}\times FL', donc \text{aire(BIG)} = \dfrac{3\,V_{FIGB}}{FL'} = \dfrac{3\times\frac{1}{12}}{\frac{\sqrt6}{6}} = \dfrac{\frac14}{\frac{\sqrt6}{6}} = \dfrac14\times\dfrac{6}{\sqrt6} = \dfrac{6}{4\sqrt6} = \dfrac{6\sqrt6}{24} = \dfrac{\sqrt6}{4}.
Donc, la réponse est aire(BIG) =\dfrac{\sqrt6}{4} unité d'aire.
Exercice 2 6 points
PartieA ; 1. Soit g définie sur \mathbb{R} par {g(x)=e^{2x}-e^x+1}. Déterminer \lim\limits_{x\to-\infty}g(x).
Quand x\to-\infty, 2x\to-\infty donc e^{2x}\to0, et e^x\to0 ; par somme de limites, \lim\limits_{x\to-\infty}g(x) = 0-0+1 = 1.
PartieA ; 2. Montrer que \lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=+\infty.
On factorise par le terme dominant : g(x) = e^x\left(e^x-1+e^{-x}\right).
Quand x\to+\infty, e^x\to+\infty et e^{-x}\to0, donc par somme e^x-1+e^{-x}\to+\infty ; par produit de limites infinies, \lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=+\infty.
PartieA ; 3. Montrer que g'(x)=e^x(2e^x-1) pour tout x\in\mathbb{R}.
g est dérivable sur \mathbb{R} comme somme de fonctions dérivables, et g'(x) = 2e^{2x}-e^x = e^x(2e^x-1).
PartieA ; 4. Étudier le signe de g' et en déduire le tableau de variations de g sur \mathbb{R} (avec les limites et l'extremum exact).
Comme e^x>0 pour tout réel x, le signe de g'(x) est celui de 2e^x-1.
\begin{aligned}2e^x-1 = 0 &\iff e^x = \dfrac12 \\ &\iff x = \ln\dfrac12 \\ &\iff x = -\ln2\end{aligned} de plus 2e^x-1>0 \iff x>-\ln2, et 2e^x-1<0 \iff x<-\ln2.
La fonction g est donc décroissante sur ]-\infty~;~-\ln2] et croissante sur [-\ln2~;~+\infty[, avec un minimum en {x=-\ln2}.
\begin{aligned}g(-\ln2) &= e^{-2\ln2}-e^{-\ln2}+1 \\ &= \dfrac{1}{e^{2\ln2}}-\dfrac{1}{e^{\ln2}}+1 \\ &= \dfrac14-\dfrac12+1 \\ &= \dfrac34\end{aligned}
Tableau de variations : g vaut 1 en -\infty (limite), décroît jusqu'au minimum \dfrac34 en {x=-\ln2}, puis croît vers +\infty.
PartieA ; 5. En déduire le signe de g sur \mathbb{R}.
Le minimum de g sur \mathbb{R} vaut \dfrac34, qui est strictement positif. Donc, la réponse est : pour tout x\in\mathbb{R}, g(x)>0.
PartieA ; 6. Sans mener les calculs, expliquer comment retrouver ce résultat en posant X=e^x.
En posant X=e^x (avec X>0), on a g(x) = X^2-X+1, un trinôme du second degré en X.
Sa forme canonique est \left(X-\dfrac12\right)^2+\dfrac34 : c'est une somme d'un carré (toujours positif ou nul) et d'une constante strictement positive \dfrac34, donc ce trinôme est strictement positif pour tout X, ce qui redonne g(x)>0.
PartieB ; 1. La fonction f est définie sur \mathbb{R} par f(x)=\ln\left(e^{2x}-e^x+1\right). Justifier qu'elle est bien définie sur \mathbb{R}.
Pour tout x\in\mathbb{R}, f(x)=\ln(g(x)) avec {g(x)=e^{2x}-e^x+1}. Or on a montré que g(x)>0 pour tout réel x : le logarithme népérien est donc bien défini, et f est définie sur \mathbb{R}.
PartieB ; 2. Justifier que f'(x)=\dfrac{g'(x)}{g(x)} pour tout x\in\mathbb{R}.
Comme f=\ln\circ g avec g dérivable et strictement positive sur \mathbb{R}, f est dérivable sur \mathbb{R} et, par dérivation d'une composée avec le logarithme, f'(x) = \dfrac{g'(x)}{g(x)} = \dfrac{2e^{2x}-e^x}{e^{2x}-e^x+1}.
PartieB ; 3. Déterminer une équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 0.
\begin{aligned}f(0) &= \ln(1-1+1) \\ &= \ln(1) \\ &= 0\end{aligned}
f'(0)=\dfrac{2\times1-1}{1-1+1}=\dfrac{1}{1}=1.
L'équation réduite de la tangente au point d'abscisse 0 est y=f'(0)(x-0)+f(0)=x. Donc, la réponse est {y=x}.
PartieB ; 4. Montrer que f est strictement croissante sur [-\ln2~;~+\infty[.
Puisque g(x)>0 pour tout x, le signe de f'(x)=\dfrac{g'(x)}{g(x)} est celui de g'(x).
D'après la partie A, g'(x)>0 sur {]-\ln2~;~+\infty[}, donc f'(x)>0 sur cet intervalle. Donc, la réponse est : f est strictement croissante sur [-\ln2~;~+\infty[.
PartieB ; 5. Montrer que l'équation {f(x)=2} admet une unique solution \alpha sur [-\ln2~;~+\infty[, et donner une valeur approchée de \alpha à 10^{-2} près.
\begin{aligned}f(-\ln2) &= \ln(g(-\ln2)) \\ &= \ln\left(\dfrac34\right) \\ &\approx -0{,}29\end{aligned} donc f(-\ln2)<2.
Comme \lim\limits_{x\to+\infty}g(x)=+\infty, par composition avec le logarithme \lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=+\infty.
f est continue (car dérivable) et strictement croissante sur [-\ln2~;~+\infty[, avec {f(-\ln2)<2<\lim\limits_{+\infty}f} : d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation {f(x)=2} admet une unique solution \alpha sur cet intervalle.
À la calculatrice : f(1{,}12)\approx1{,}99<2 et f(1{,}13)\approx2{,}01>2. Donc, la réponse est \alpha\approx1{,}12 (à 10^{-2} près).
PartieC. Au vu des résultats précédents, les trois conjectures de l'élève (l'équation {f(x)=2} semble avoir une solution ; f semble croissante sur [-0{,}5~;~+\infty[ ; la tangente en 0 semble être y=1{,}5x) sont-elles vraies ou fausses ?
Conjecture 1 (existence d'une solution à {f(x)=2}) : vraie, confirmée par la question précédente.
Conjecture 2 (croissance sur [-0{,}5~;~+\infty[) : fausse : on a montré que f est croissante sur [-\ln2~;~+\infty[, avec \begin{aligned}-\ln2 &\approx -0{,}69 \\ &\neq -0{,}5\end{aligned}
Conjecture 3 (tangente y=1{,}5x) : fausse : on a établi que l'équation de la tangente au point d'abscisse 0 est {y=x}.
Exercice 3 4 points
1.aOn étudie la désintégration du polonium : on part d'un échantillon de 2 g, sachant que 1 g contient {3\times10^{21}} noyaux. On note v_0 le nombre de noyaux au départ. Vérifier que {v_0=6\times10^{21}}.
L'échantillon initial pèse 2 g, donc \begin{aligned}v_0 &= 2\times3\times10^{21} \\ &= 6\times10^{21}\end{aligned} noyaux. Donc, la réponse est {v_0=6\times10^{21}}.
1.bChaque jour, 0,5 % des noyaux présents se désintègrent, puis on ajoute 0,005 g de polonium pour compenser. Justifier que, pour tout entier naturel n, {v_{n+1}=0{,}995v_n+1{,}5\times10^{19}}.
Si v_n désigne le nombre de noyaux au bout de n jours, la disparition de 0,5 % laisse v_n\left(1-\dfrac{0{,}5}{100}\right) = 0{,}995\,v_n noyaux.
L'ajout quotidien de 0,005 g de polonium apporte \begin{aligned}0{,}005\times3\times10^{21} &= 0{,}015\times10^{21} \\ &= 1{,}5\times10^{19}\end{aligned} noyaux supplémentaires.
Donc, la réponse est {v_{n+1} = 0{,}995v_n+1{,}5\times10^{19}}.
2.aDémontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, {0\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n}.
Initialisation : {v_0=6\times10^{21}} et \begin{aligned}v_1 &= 0{,}995\times6\times10^{21}+1{,}5\times10^{19} \\ &= 5{,}97\times10^{21}+0{,}015\times10^{21} \\ &= 5{,}985\times10^{21}\end{aligned} On a bien {0\leqslant v_1\leqslant v_0} : la propriété est vraie au rang 0.
Hérédité : supposons que {0\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n} pour un entier n donné. La fonction x\mapsto0{,}995x+1{,}5\times10^{19} est croissante (coefficient 0,995 > 0), donc l'encadrement se conserve en appliquant cette fonction : {0{,}995\times0+1{,}5\times10^{19}\leqslant0{,}995v_{n+1}+1{,}5\times10^{19}\leqslant0{,}995v_n+1{,}5\times10^{19}}, c'est-à-dire {1{,}5\times10^{19}\leqslant v_{n+2}\leqslant v_{n+1}}, donc en particulier {0\leqslant v_{n+2}\leqslant v_{n+1}} : la propriété est vraie au rang n+1.
Conclusion : la propriété est vraie au rang 0 et héréditaire, donc, d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel n, {0\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n}.
2.bEn déduire que la suite (v_n) converge.
L'inégalité de gauche montre que (v_n) est minorée par 0, et l'inégalité de droite montre qu'elle est décroissante. Donc, la réponse est : une suite décroissante et minorée converge, donc (v_n) converge.
3.aOn pose u_n=v_n-3\times10^{21}. Montrer que (u_n) est géométrique de raison 0,995.
\begin{aligned}u_{n+1} &= v_{n+1}-3\times10^{21} \\ &= 0{,}995v_n+1{,}5\times10^{19}-3\times10^{21}\end{aligned}
On réécrit \begin{aligned}3\times10^{21} &= 0{,}995\times3\times10^{21}+0{,}005\times3\times10^{21} \\ &= 0{,}995\times3\times10^{21}+1{,}5\times10^{19}\end{aligned} donc \begin{aligned}u_{n+1} &= 0{,}995v_n+1{,}5\times10^{19}-0{,}995\times3\times10^{21}-1{,}5\times10^{19} \\ &= 0{,}995\left(v_n-3\times10^{21}\right) \\ &= 0{,}995\,u_n\end{aligned}
Donc, la réponse est : (u_n) est géométrique de raison 0{,}995 et de premier terme \begin{aligned}u_0 &= v_0-3\times10^{21} \\ &= 3\times10^{21}\end{aligned}
3.bEn déduire que, pour tout entier naturel n, {v_n=3\times10^{21}\left(0{,}995^n+1\right)}.
Le terme général d'une suite géométrique donne \begin{aligned}u_n &= u_0\times0{,}995^n \\ &= 3\times10^{21}\times0{,}995^n\end{aligned}
Or u_n=v_n-3\times10^{21}, donc \begin{aligned}v_n &= u_n+3\times10^{21} \\ &= 3\times10^{21}\times0{,}995^n+3\times10^{21}\end{aligned} Donc, la réponse est {v_n=3\times10^{21}\left(0{,}995^n+1\right)}.
3.cEn déduire la limite de (v_n) et interpréter le résultat.
Comme {-1<0{,}995<1}, on a \lim\limits_{n\to+\infty}0{,}995^n=0, donc \lim\limits_{n\to+\infty}\left(0{,}995^n+1\right)=1, puis \begin{aligned}\lim\limits_{n\to+\infty}v_n &= 3\times10^{21}\times1 \\ &= 3\times10^{21}\end{aligned}
Dans le contexte : à force de désintégrations compensées, le nombre de noyaux de polonium présents se stabilise à long terme autour de {3\times10^{21}} noyaux.
4.Déterminer, par le calcul, au bout de combien de jours le nombre de noyaux devient inférieur à 4{,}5\times10^{21}.
On résout v_n<4{,}5\times10^{21} \iff 3\times10^{21}\left(0{,}995^n+1\right)<4{,}5\times10^{21} \iff 0{,}995^n+1<1{,}5 \iff 0{,}995^n<0{,}5.
En appliquant le logarithme népérien (fonction strictement croissante) : n\ln(0{,}995)<\ln(0{,}5) ; comme \ln(0{,}995)<0, l'inégalité change de sens en divisant : n>\dfrac{\ln(0{,}5)}{\ln(0{,}995)}.
La calculatrice donne \dfrac{\ln(0{,}5)}{\ln(0{,}995)}\approx138{,}3, donc le plus petit entier convenable est n=139 (on vérifie que {v_{138}\approx4{,}502\times10^{21}} est encore supérieur au seuil, et v_{139}\approx4{,}495\times10^{21} est passé sous le seuil).
Donc, la réponse est : au bout de 139 jours.
5.aUn script Python nommé noyaux(n) initialise V = 6*1021, une liste L = [V], puis répète pour k de 0 à n-1 une mise à jour de V suivie de L.append(V). Proposer deux façons différentes de compléter la ligne de mise à jour de V.
- V = 0.995*V + 1.5*1019V = 3*1021*(0.995(k+1) + 1)
5.bPour quelle valeur de l'entier n l'appel noyaux(n) fournit-il les relevés quotidiens sur 52 semaines d'étude ?
52 semaines représentent 52\times7=364 jours. Donc, la réponse est qu'il faut appeler noyaux(364).
Exercice 4 (QCM) 5 points
1.On considère la liste L des termes consécutifs d'une suite arithmétique de premier terme 7 et de raison 3, du type L = [7, 10, …, 2023]. Déterminer le nombre de termes de cette liste.
Le terme de rang n (en indexant à partir de 1) de cette suite arithmétique s'écrit 7+3(n-1). On cherche n tel que 7+3(n-1)=2023.
\begin{aligned}3(n-1) = 2016 &\iff n-1 = 672 \\ &\iff n = 673 \end{aligned}
Donc, la réponse est 673 termes.
2.On choisit au hasard un nombre de cette liste. Déterminer la probabilité de tirer un nombre pair.
Un terme de la liste s'écrit {7+3(n-1)=3n+4}, pour n entier de 1 à 673. Ce nombre est pair si et seulement si 3n+4 est pair, c'est-à-dire si et seulement si 3n est pair, donc si et seulement si n est pair (3 étant impair).
Parmi les entiers n de 1 à 673 (673 valeurs), les entiers pairs sont 2,4,\dots,672, soit 336 valeurs.
Donc, la réponse est {P(\text{nombre pair}) = \dfrac{336}{673}}.
3.On note A l'évènement « obtenir un multiple de 4 » et B l'évènement « obtenir un nombre dont le chiffre des unités est 6 », sachant que P(A)=\dfrac{168}{673} et P(A\cap B)=\dfrac{34}{673} (valeurs obtenues par dénombrement direct dans la liste). Donner la probabilité d'obtenir un multiple de 4 se terminant par 6.
Un nombre qui est à la fois un multiple de 4 et qui se termine par 6 est exactement un élément de A\cap B. Donc, la réponse est P(A\cap B) = \dfrac{34}{673} (donnée directement par l'énoncé, qui correspond bien à un dénombrement des multiples de 4 de la liste se terminant par 6).
4.Sachant de plus que {P(\overline{A}\cap B) = \dfrac{505}{673}\times\dfrac{33}{505}}, calculer P_B(A).
D'abord \begin{aligned}P(B) &= P(A\cap B)+P(\overline{A}\cap B) \\ &= \dfrac{34}{673}+\dfrac{505}{673}\times\dfrac{33}{505} \\ &= \dfrac{34}{673}+\dfrac{33}{673} \\ &= \dfrac{67}{673}\end{aligned} (le facteur \dfrac{505}{673} se simplifie avec le 505 du numérateur).
Par définition de la probabilité conditionnelle : \begin{aligned}P_B(A) &= \dfrac{P(A\cap B)}{P(B)} \\ &= \dfrac{\frac{34}{673}}{\frac{67}{673}} \\ &= \dfrac{34}{67}\end{aligned}
Donc, la réponse est P_B(A)=\dfrac{34}{67}.
5.On choisit successivement et au hasard 10 nombres de la liste (un même nombre pouvant être choisi plusieurs fois). Déterminer la probabilité qu'aucun des 10 nombres tirés ne soit un multiple de 4.
La probabilité de ne pas tirer un multiple de 4 en un seul tirage vaut \begin{aligned}P(\overline{A}) &= 1-\dfrac{168}{673} \\ &= \dfrac{505}{673}\end{aligned}
Les 10 tirages sont indépendants et identiques (tirage avec remise) : la probabilité qu'aucun des 10 ne soit un multiple de 4 est donc \left(\dfrac{505}{673}\right)^{10}.
Donc, la réponse est P \approx 0,057 (au millième).
Corrigé rédigé par Logimaths à partir du sujet officiel du Ministère de l'Éducation nationale (éduscol.education.gouv.fr).