Fiche d'exercices : Loi des grands nombres
8 exercices progressifs ⭐ → ⭐⭐⭐ : cherche d'abord, la correction est sous chaque énoncé
Échauffement
- Calcule E(X + Y) et V(X + Y).
- Calcule E(5X − 2) et V(5X).
👆 ▶ Correction de l'exercice 1
- Retrouve E(X).
- Retrouve V(X).
👆 ▶ Correction de l'exercice 2
1. L'espérance.
Chaque variable aléatoire X_i suit une loi de Bernoulli de paramètre p = 0{,}4, donc E(X_i) = 0{,}4 :\begin{aligned}E(X) &= E(X_1 + X_2 + \cdots + X_{30}) \\ &= E(X_1) + E(X_2) + \cdots + E(X_{30}) && \quad \text{par linéarité de l'espérance} \\ &= 30 \times 0{,}4 \\ &= \mathbf{12}\end{aligned}2. La variance.
Chaque variable aléatoire X_i suit une loi de Bernoulli de paramètre p = 0{,}4 :\begin{aligned}V(X_i) &= p(1 - p) \\ &= 0{,}4 \times 0{,}6 \\ &= 0{,}24\end{aligned}\begin{aligned}V(X) &= V(X_1 + X_2 + \cdots + X_{30}) \\ &= V(X_1) + V(X_2) + \cdots + V(X_{30}) && \quad \text{car } \text{les variables sont indépendantes} \\ &= 30 \times 0{,}24 \\ &= \mathbf{7{,}2}\end{aligned}
Remarque : on retrouve bien les formules du cours pour une loi binomiale, à savoir E(X) = np et V(X) = np(1 - p).
Le cœur du chapitre
- Donne E(M₉), V(M₉) et σ(M₉) pour n = 9.
- Quelle taille n faut-il pour que σ(Mn) = 0,3 ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 3
1. Pour n = 9.\begin{aligned}E(M_9) &= E\left(\dfrac{X_1 + X_2 + \cdots + X_9}{9}\right) \\ &= \dfrac{1}{9}\big(E(X_1) + E(X_2) + \cdots + E(X_9)\big) && \quad \text{par linéarité de l'espérance} \\ &= \dfrac{1}{9} \times 9 \times E(X) && \quad \text{car } \text{chaque } X_i \text{ suit la loi de } X \\ &= 1 \times E(X) \\ &= \mathbf{12}\end{aligned}\begin{aligned}V(M_9) &= V\left(\dfrac{X_1 + X_2 + \cdots + X_9}{9}\right) \\ &= \dfrac{1}{9^2} \times V(X_1 + X_2 + \cdots + X_9) && \quad \text{car } \text{la constante sort au carré} \\ &= \dfrac{1}{81}\big(V(X_1) + V(X_2) + \cdots + V(X_9)\big) && \quad \text{car } \text{les variables sont indépendantes} \\ &= \dfrac{1}{81} \times 9 \times V(X) && \quad \text{car } \text{chaque } X_i \text{ suit la loi de } X \\ &= \dfrac{V(X)}{9} \\ &= \dfrac{9}{9} \\ &= \mathbf{1}\end{aligned}\begin{aligned}\sigma(M_9) &= \sqrt{V(M_9)} && \quad \text{par définition de l'écart-type} \\ &= \sqrt{1} \\ &= \mathbf{1}\end{aligned}2. La taille n cherchée.
On a d'abord besoin de l'écart-type de X :\begin{aligned}\sigma(X) &= \sqrt{V(X)} && \quad \text{par définition de l'écart-type} \\ &= \sqrt{9} \\ &= 3\end{aligned}Le calcul du 1. se refait avec n à la place de 9 : V(M_n) = \dfrac{V(X)}{n}, donc en prenant la racine :\begin{aligned}\sigma(M_n) &= \dfrac{\sigma(X)}{\sqrt{n}} \\ &= \dfrac{3}{\sqrt{n}}\end{aligned}On cherche n tel que cet écart-type vaille 0,3 :\begin{aligned}\dfrac{3}{\sqrt{n}} = 0{,}3 &\iff \sqrt{n} = \dfrac{3}{0{,}3} \\ &\iff \sqrt{n} = 10 \\ &\iff n = \mathbf{100}\end{aligned}
Diviser l'écart-type par 10 demande donc 100 fois plus de données : c'est toute la difficulté des sondages.
- Majore P(|X - 50| \geq 10).
- Déduis-en un minorant de {P(40 < X < 60)}.
👆 ▶ Correction de l'exercice 4
P(|X - E(X)| \geq \delta) \leq \dfrac{V(X)}{\delta^2}.
Ici E(X) = 50, V(X) = 25 et \delta = 10 :\begin{aligned}P(|X - 50| \geq 10) &\leq \dfrac{V(X)}{\delta^2} && \quad \text{d'après l'inégalité de concentration} \\ &\leq \dfrac{25}{10^2} \\ &\leq \dfrac{25}{100} \\ &\leq \mathbf{0{,}25}\end{aligned}2. Sur la figure, la zone bleue est exactement le contraire de la zone rose : passer de l'une à l'autre, c'est passer au complémentaire.\begin{aligned}P(40 < X < 60) &\geq 1 - P(|X - 50| \geq 10) && \quad \text{par passage au complémentaire} \\ &\geq 1 - 0{,}25 \\ &\geq \mathbf{0{,}75}\end{aligned}
- Majore {P(|X - 10| \geq 5)} par l'inégalité de concentration.
- Le calcul exact donne {P(|X - 10| \geq 5)} \approx 0{,}041. Que constate-t-on ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 5
C'est normal : l'inégalité de concentration vaut pour toutes les lois, sans rien savoir de X à part son espérance et sa variance. Elle est donc forcément prudente. Elle sert à garantir, pas à approcher : quand on connaît la loi (ici une binomiale), on calcule la valeur exacte.
- Écris l'inégalité de concentration pour P(|M_n - 0{,}5| \geq 0{,}05).
- Quelle taille n garantit que cette probabilité est au plus 0,1 ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 6
Interprétation du résultat : mille lancers suffisent pour garantir, au sens de Tchebychev, une fréquence de pile comprise entre 0,45 et 0,55 avec une probabilité d'au moins 0,9.
Pour aller plus loin
- Vers quelle valeur M_N se stabilise-t-elle quand N grandit ? Quel théorème l'affirme ?
- Un programme Python renvoie M_{100} = 3{,}81 puis M_{10\,000} = 3{,}52. Ces valeurs sont-elles cohérentes ?
- Pourquoi ce principe permet-il d'ESTIMER une probabilité inconnue par simulation (méthode de Monte-Carlo) ?
👆 ▶ Correction de l'exercice 7
Chaque lancer donne un résultat X équiprobable dans \{1{,}\,2{,}\,3{,}\,4{,}\,5{,}\,6\}, et M_N est la moyenne d'un échantillon de taille N de la loi de X :\begin{aligned}E(X) &= \dfrac{1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6}{6} \\ &= \dfrac{21}{6} \\ &= \mathbf{3{,}5}\end{aligned}C'est la loi des grands nombres qui l'affirme : pour tout \delta > 0,\begin{aligned}\displaystyle\lim_{N \to +\infty} P\big(|M_N - E(X)| \geq \delta\big) &= 0\end{aligned}autrement dit la probabilité que la moyenne observée s'écarte de E(X) de plus de δ tend vers 0. M_N se stabilise donc vers 3,5.
Remarque : 3,5 n'est aucune des six faces du dé. La moyenne d'un très grand nombre de lancers n'a aucune raison d'être une valeur possible pour UN lancer.
2. Les deux valeurs simulées.Dire « 3,52 est plus proche de 3,5 que 3,81 » ne suffit pas : encore faut-il comparer chaque écart à la fluctuation attendue pour cette taille d'échantillon, c'est-à-dire à \sigma(M_N). Il faut donc d'abord la variance de X :\begin{aligned}E(X^2) &= \dfrac{1^2 + 2^2 + 3^2 + 4^2 + 5^2 + 6^2}{6} \\ &= \dfrac{91}{6}\end{aligned}\begin{aligned}V(X) &= E(X^2) - \big(E(X)\big)^2 && \quad \text{par la formule de la variance} \\ &= \dfrac{91}{6} - 3{,}5^2 \\ &= \dfrac{35}{12} \\ &\approx 2{,}917\end{aligned}\begin{aligned}\sigma(X) &= \sqrt{V(X)} && \quad \text{par définition de l'écart-type} \\ &\approx \mathbf{1{,}708}\end{aligned}L'exercice 3 a établi que V(M_N) = \dfrac{V(X)}{N}, d'où en prenant la racine :\begin{aligned}\sigma(M_N) &= \dfrac{\sigma(X)}{\sqrt{N}}\end{aligned}On peut alors mesurer chaque écart observé en nombre d'écarts-types :
- pour N = 100, \sigma(M_{100}) \approx 0{,}171 alors que l'écart observé vaut 0,31, soit environ 1,8 écart-type ;
- pour N = 10 000, \sigma(M_{10\,000}) \approx 0{,}017 alors que l'écart observé vaut 0,02, soit environ 1,2 écart-type.
3. Le principe de Monte-Carlo.
L'idée tient en une phrase : une probabilité est une espérance. Si A est l'événement dont on cherche la probabilité p, on pose Y la variable aléatoire qui vaut 1 quand A se produit et 0 sinon. Y suit une loi de Bernoulli de paramètre p, donc E(Y) = p.
Simuler N fois l'expérience et relever la proportion de fois où A s'est produit, c'est exactement calculer la moyenne M_N d'un échantillon de taille N de la loi de Y. La loi des grands nombres s'applique donc à cette proportion : elle se stabilise vers E(Y) = p.
C'est tout le principe des méthodes de Monte-Carlo : quand un calcul de probabilité est trop difficile à mener, on le remplace par un grand nombre de simulations. Et l'inégalité de concentration donne même le N nécessaire pour une précision voulue, exactement comme à l'exercice 6.
- Que valent E(M_n) et V(M_n) ?
- Avec n = 2100, majore {P(|M_n - 0{,}3| \geq 0{,}02)}.
- Interprète ce résultat en une phrase de sondeur.
👆 ▶ Correction de l'exercice 8
Remarque : en pratique cette probabilité est bien plus faible, comme à l'exercice 5. L'inégalité de concentration garantit, elle n'optimise pas.