Fiche de cours : Nombres complexes (STI2D)
Application à l'électricité : impédances et signaux sinusoïdaux
I. Rappels : forme algébrique et module
- a=\text{Re}(z) est la partie réelle ;
- b=\text{Im}(z) est la partie imaginaire ;
- le nombre i vérifie i^2=-1.
On garde donc j^2=-1 dans toute la suite de cette fiche.
🎛️ À toi de jouer : déplace le point M
Fais glisser le point rose dans le plan.
Le module r=|z| est la longueur du vecteur \overrightarrow{OM}.
L'argument \theta est l'angle qu'il fait avec l'axe des réels.
Les deux se recalculent en direct, ainsi que la forme exponentielle.
Place M sur l'axe des réels : l'argument tombe à 0°. Place-le sur l'axe des imaginaires vers le haut : il vaut 90°, comme l'impédance d'une bobine.
- Somme : z_1+z_2=(a_1+a_2)+j(b_1+b_2)
- Produit : {z_1\times z_2=(a_1a_2-b_1b_2)+j(a_1b_2+a_2b_1)}
- Conjugué : \overline{z_1}=a_1-jb_1 et le produit d'un complexe par son conjugué est un réel : \begin{aligned}z_1\overline{z_1} &= a_1^2+b_1^2 \\ &= |z_1|^2\end{aligned}
- Quotient : on multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur. \begin{aligned}\dfrac{z_1}{z_2} &= \dfrac{z_1\overline{z_2}}{z_2\overline{z_2}} \\ &= \dfrac{z_1\overline{z_2}}{|z_2|^2}\end{aligned}
L'impédance totale vaut : \begin{aligned}\underline Z &= R+\underline Z_L \\ &= 100+40j\end{aligned} Son module vaut : \begin{aligned}|\underline Z| &= \sqrt{100^2+40^2} \\ &= \sqrt{10\,000+1\,600} \\ &= \sqrt{11\,600} \\ &\approx 107{,}7\ \Omega\end{aligned}
- Seul le complexe nul a un module nul : {|z|=0 \iff z=0}
- Le module se multiplie et se divise (pour z_2\neq0) : |z_1\times z_2|=|z_1|\times|z_2| \left|\dfrac{z_1}{z_2}\right|=\dfrac{|z_1|}{|z_2|}
- L'argument s'ajoute et se retranche : \arg(z_1\times z_2)=\arg(z_1)+\arg(z_2)\ [2\pi] \arg\!\left(\dfrac{z_1}{z_2}\right)=\arg(z_1)-\arg(z_2)\ [2\pi]
- On retrouve l'argument par le cosinus et le sinus : \cos(\theta)=\dfrac{a}{|z|} \qquad \text{et} \qquad \sin(\theta)=\dfrac{b}{|z|}
Pour une somme d'impédances : on additionne d'abord \underline Z_1 et \underline Z_2, et on calcule le module ensuite. Jamais l'inverse.
II. Forme exponentielle
- le module \begin{aligned}r &= |z| \\ &= \sqrt{a^2+b^2}\end{aligned}
- l'argument \theta=\arg(z).
- Produit : les modules se multiplient, les arguments s'ajoutent. r_1e^{j\theta_1}\times r_2e^{j\theta_2}=r_1r_2\,e^{j(\theta_1+\theta_2)}
- Quotient : les modules se divisent, les arguments se retranchent. \dfrac{r_1e^{j\theta_1}}{r_2e^{j\theta_2}}=\dfrac{r_1}{r_2}\,e^{j(\theta_1-\theta_2)}
- Puissance (formule de Moivre) : \left(re^{j\theta}\right)^n=r^n e^{jn\theta}
🎛️ À toi de jouer : multiplier, c'est tourner et agrandir
Déplace z_1 (rose) et z_2 (bleu).
Le point vert est leur produit : son module est le produit des modules, son argument la somme des arguments.
Le bouton fait passer au quotient, où les modules se divisent et les arguments se retranchent.
Essaie de placer z_2 sur l'axe des imaginaires : multiplier par j fait tourner d'un quart de tour, sans changer la longueur.
Avec C\omega=2\times10^{-3}\ \text{S} : \underline Z_C=-500j On lit alors directement :
- son module : |\underline Z_C|=500\ \Omega ;
- son argument : \arg(\underline Z_C)=-\dfrac{\pi}{2}.
III. Signal sinusoïdal et notation complexe
- le module de \underline U donne l'amplitude du signal ;
- son argument donne la phase à l'origine.
- la pulsation : {\omega=100\pi\ \text{rad/s}} ;
- la phase à l'origine : {\varphi=0} ;
- l'amplitude complexe : \begin{aligned}\underline U &= 230\sqrt2\,e^{j0} \\ &= 230\sqrt2\end{aligned}
🎛️ À toi de jouer : le vecteur tournant engendre le signal
À gauche, le vecteur tourne à la pulsation \omega. Sa projection sur l'axe des réels, c'est exactement u(t), tracée à droite au fur et à mesure. Sa longueur donne l'amplitude, son angle de départ donne la phase \varphi.
Animation ralentie 200 fois : à 50 Hz, une période réelle ne dure que 20 ms. Les échelles de u et de i sont différentes (volts et ampères), comme sur tout diagramme de Fresnel.
C'est une constante complexe, qui « code » à elle seule l'amplitude et la phase du signal réel u(t).
On n'écrit donc jamais \underline U(t).
IV. Impédance complexe
| Dipôle | Impédance complexe | Module |
|---|---|---|
| Résistance R | \underline Z=R | R |
| Bobine (inductance L) | \underline Z=jL\omega | L\omega |
| Condensateur (capacité C) | \begin{aligned}\underline Z &= \dfrac1{jC\omega} \\ &= \dfrac{-j}{C\omega}\end{aligned} | \dfrac1{C\omega} |
- En série, les impédances complexes s'ajoutent : \underline Z=\underline Z_1+\underline Z_2+\cdots
- En parallèle, ce sont leurs inverses qui s'ajoutent : \dfrac1{\underline Z}=\dfrac1{\underline Z_1}+\dfrac1{\underline Z_2}+\cdots Pour deux dipôles seulement : \underline Z=\dfrac{\underline Z_1\underline Z_2}{\underline Z_1+\underline Z_2}
C'est exactement pour cela que les impédances s'ajoutent : \underline Z=\underbrace{R}_{\text{résistance}}+\underbrace{jL\omega}_{\text{bobine}}
🎛️ À toi de jouer : l'impédance d'un RLC série
Règle les composants et la fréquence.
À gauche : \underline Z se construit dans le plan complexe, avec R à l'horizontale et la réactance L\omega-\tfrac1{C\omega} à la verticale.
À droite : la courbe de |\underline Z| en fonction de la fréquence, avec son minimum à la résonance.
Fais glisser la fréquence jusqu'à f₀ : la réactance s'annule, le vecteur \underline Z se couche sur l'axe des réels et |\underline Z| descend jusqu'à R.
L'impédance équivalente vaut : \begin{aligned}\underline Z &= \dfrac{R\times\underline Z_C}{R+\underline Z_C} \\ &= \dfrac{50\times(-25j)}{50-25j} \\ &= \dfrac{-1250j}{50-25j}\end{aligned} On multiplie ensuite par le conjugué du dénominateur : \begin{aligned}\underline Z &= \dfrac{-1250j(50+25j)}{50^2+25^2} \\ &= \dfrac{-62\,500j-31\,250j^2}{3\,125} \\ &= \dfrac{31\,250-62\,500j}{3\,125} \\ &= 10-20j\ \Omega\end{aligned}
- R=30\ \Omega ;
- L=0{,}1\ \text{H} ;
- pulsation \omega=400\ \text{rad/s}.
V. Passage forme algébrique / trigonométrique / exponentielle
- le module |\underline Z| est le rapport des amplitudes \begin{aligned}|\underline Z| &= \dfrac{U_{max}}{I_{max}} \\ &= \dfrac{U}{I}\end{aligned} (au choix, amplitudes maximales ou valeurs efficaces) ;
- l'argument \arg(\underline Z) est le déphasage entre la tension et l'intensité \arg(\underline Z)=\varphi_u-\varphi_i
- Repérer a=\text{Re}(z) et b=\text{Im}(z).
- Calculer le module : \begin{aligned}r &= |z| \\ &= \sqrt{a^2+b^2}\end{aligned}
- Déterminer l'argument \theta à l'aide de : \cos\theta=\dfrac{a}{r} \qquad \text{et} \qquad \sin\theta=\dfrac{b}{r} Le signe de ces deux quantités place \theta dans le bon quadrant.
- Écrire enfin : z=r\,e^{j\theta}
- une tension d'amplitude {U_{max}=20\ \text{V}} ;
- une intensité d'amplitude {I_{max}=0{,}5\ \text{A}} ;
- la tension en avance de \dfrac{\pi}{4} sur l'intensité.
- déphasage positif : la tension est en avance sur l'intensité, le dipôle est globalement inductif ;
- déphasage négatif : la tension est en retard, le dipôle est globalement capacitif.