Fiche de cours Logimaths | Seconde
Fiche de cours : Probabilités
Mesurer le hasard : de l'expérience aléatoire à la formule de la réunion
I. Le vocabulaire du hasard
Expérience aléatoire, univers, événement
- Une expérience est aléatoire quand elle a plusieurs résultats possibles (les issues) et qu'on ne peut pas prévoir lequel se produira ;
- l'univers est l'ensemble de toutes les issues (pour un dé : {1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6}) ;
- un événement regroupe une ou plusieurs issues (« obtenir un chiffre pair » = {2 ; 4 ; 6}).
L'équiprobabilité
Quand toutes les issues ont la même chance (dé équilibré, tirage au hasard) :
P(A) = \dfrac{\text{nombre d'issues favorables à } A}{\text{nombre d'issues total}}
Exemple : tirer un as dans un jeu de 32 cartes : P = 4/32 = 1/8. Les probabilités s'écrivent en fraction, en décimal ou en pourcentage : 1/8 = 0,125 = 12,5 %.
🎮 Entraîne-toi : l'équiprobabilité
Issues favorables divisées par issues totales.
II. Événement contraire et loi de probabilité
L'événement contraire
L'événement contraire de A (noté ) regroupe toutes les issues qui ne sont PAS dans A :
P(\bar{A}) = 1 - P(A)
Exemple : probabilité de gagner 0,2 : probabilité de ne pas gagner 0,8. Souvent, calculer le contraire est PLUS SIMPLE (« au moins un » se traite via « aucun »).
La loi de probabilité
La loi de probabilité d'une expérience attribue une probabilité à chaque issue, dans un tableau. Règle d'or : la somme de toutes ces probabilités vaut 1.
Exemple : urne avec 6 vertes, 3 jaunes, 11 noires (20 boules) : P(verte) = 0,3, P(jaune) = 0,15, P(noire) = 0,55 : somme 1 ✔. Une probabilité manquante se retrouve par complément à 1.
Exemple : urne avec 6 vertes, 3 jaunes, 11 noires (20 boules) : P(verte) = 0,3, P(jaune) = 0,15, P(noire) = 0,55 : somme 1 ✔. Une probabilité manquante se retrouve par complément à 1.
⚠️ Avec remise ou sans remise ? La question à se poser AVANT de calculer
Avec remise : la boule retourne dans l'urne, la composition est intacte, les tirages sont indépendants.
Sans remise : la boule ne revient pas, l'urne a changé, et la probabilité du tirage suivant dépend de ce qu'on vient de tirer.
Sur 10 boules dont 4 rouges : P(rouge) = 4/10 = 0,4 au premier tirage dans les deux cas. Au deuxième, si on a sorti une rouge sans la remettre, il reste 3 rouges sur 9 : P = 3/9 = 1/3, et non plus 0,4.
Sans remise : la boule ne revient pas, l'urne a changé, et la probabilité du tirage suivant dépend de ce qu'on vient de tirer.
Sur 10 boules dont 4 rouges : P(rouge) = 4/10 = 0,4 au premier tirage dans les deux cas. Au deuxième, si on a sorti une rouge sans la remettre, il reste 3 rouges sur 9 : P = 3/9 = 1/3, et non plus 0,4.
🎮 Entraîne-toi : le deuxième tirage sans remise
Enlève la boule tirée du numérateur ET du dénominateur.
🎮 Entraîne-toi : l'événement contraire
P(contraire) = 1 − P(événement).
🎮 Entraîne-toi : compléter une loi de probabilité
La somme de toutes les probabilités vaut 1.
III. Intersection et réunion
A ∩ B, A ∪ B et la formule de la réunion
- A ∩ B (« A inter B ») : les issues communes à A ET B ;
- A ∪ B (« A union B ») : les issues dans A OU B (au moins l'un des deux).
P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)
On retire P(A ∩ B) car les issues communes seraient comptées DEUX fois. Exemple avec un dé : A = impair, B = multiple de 3 : P(A ∪ B) = 1/2 + 1/3 − 1/6 = 2/3.
M ∈ A
M ∈ B
Mission :
Le jeu de cartes : la preuve qu'on n'additionne pas toujours
Un jeu de 32 cartes, c'est déjà un tableau à double entrée : 4 couleurs (♥ ♦ ♣ ♠) en lignes, 8 rangs (7, 8, 9, 10, V, D, R, As) en colonnes. Chaque carte occupe une case, et il y en a bien 4 × 8 = 32.
Le même jeu de données se range aussi dans un tableau à double entrée, avec ses marges (les totaux de chaque ligne et de chaque colonne) et son effectif total. Les marges ne sont pas décoratives : ce sont elles qui donnent p(A) et p(B), et ce sont elles qui deviendront le dénominateur au chapitre suivant.
| B : roi | B : pas roi | Total | |
|---|---|---|---|
| A : cœur | 1 | 7 | 8 |
| A : pas cœur | 3 | 21 | 24 |
| Total | 4 | 28 | 32 |
Trois lectures du même tableau :
- p(A) = 8/32 et p(B) = 4/32 : on lit les marges ;
- p(A ∩ B) = 1/32 : la case de croisement, le roi de cœur ;
- p(A ∪ B) = 8/32 + 4/32 − 1/32 = 11/32. Vérification par le contraire : la case « ni cœur, ni roi » vaut 21, donc p(A ∪ B) = 1 − 21/32 = 11/32 ✔.
🎮 Entraîne-toi : compter les cartes de A ∪ B
Additionne, puis retire les cartes comptées deux fois.
🎮 Entraîne-toi : lire un diagramme de Venn
Les nombres écrits dans les zones sont des EFFECTIFS, pas des probabilités.
🎮 Entraîne-toi : la formule de la réunion
P(A) + P(B) − P(A ∩ B) : sans oublier de retirer l'intersection.
IV. L'arbre des possibles
Dénombrer avec un arbre
Pour une expérience à PLUSIEURS étapes (deux lancers de pièce…), l'arbre des possibles liste toutes les issues : un niveau par étape, une branche par résultat.
Exemple : deux lancers de pièce : 4 issues (PP, PF, FP, FF). P(« au moins une fois pile ») = 3/4 : trois issues favorables sur quatre. Autre route : 1 − P(FF) = 1 − 1/4 : le contraire, encore lui.
Exemple : deux lancers de pièce : 4 issues (PP, PF, FP, FF). P(« au moins une fois pile ») = 3/4 : trois issues favorables sur quatre. Autre route : 1 − P(FF) = 1 − 1/4 : le contraire, encore lui.
V. Les pièges du chapitre
⚠️ Équiprobable ou pas : vérifier avant de compter
La formule favorables/total EXIGE des issues équiprobables. Pour la somme de deux dés, les issues 2 à 12 ne sont PAS équiprobables (le 7 sort bien plus que le 2) : il faut compter les 36 couples équiprobables, pas les 11 sommes.
⚠️ « Ou » ne veut pas dire « additionner »
P(A ∪ B) = P(A) + P(B) n'est vraie que si A et B sont INCOMPATIBLES (aucune issue commune). Sinon, l'oubli du −P(A ∩ B) compte deux fois les issues communes : c'est l'erreur numéro un du chapitre.
Le contre-exemple à garder en tête : « être un roi » et « être à cœur ». Le roi de cœur est dans les deux à la fois, donc A ∩ B ≠ ∅. 4/32 + 8/32 donnerait 12/32, alors que la réponse est 11/32 : le roi de cœur a été compté deux fois.
Le contre-exemple à garder en tête : « être un roi » et « être à cœur ». Le roi de cœur est dans les deux à la fois, donc A ∩ B ≠ ∅. 4/32 + 8/32 donnerait 12/32, alors que la réponse est 11/32 : le roi de cœur a été compté deux fois.
👆 ▶ À toi : on tire une carte d'un jeu de 32. A = « cœur », B = « figure (R, D, V) ». Calcule P(A), P(B), P(A ∩ B) puis P(A ∪ B). Vérifie
P(A) = 8/32 = 1/4 ; P(B) = 12/32 = 3/8 ; A ∩ B = figures de cœur : P(A ∩ B) = 3/32.
P(A ∪ B) = 8/32 + 12/32 − 3/32 = 17/32 (l'addition seule aurait donné 20/32 : les 3 figures de cœur comptées deux fois).
P(A ∪ B) = 8/32 + 12/32 − 3/32 = 17/32 (l'addition seule aurait donné 20/32 : les 3 figures de cœur comptées deux fois).